Plage de rêve /Shat el Ahlam
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J’ai trouvé mes îles Marquises au nord de Lattaquié grâce à une amie qui a bien voulu partager avec moi son secret.
C’est la première fois que je rencontre des Alaouites dont je croyais qu’ils habitaient principalement dans les montagnes ; mais non, la lecture de l’excellent livre de Hanna Batatu (Syria’s Peasantry, the descendants of its lesser rural notables, and their politics) m’apprend qu’ils se répartissent en bergers montagnards et en paysans des plaines . Batatu nous décrit aussi l’évolution du parti Baath et ses différentes écoles. Ici j’ai le temps de lire, et outre l’ouvrage sus-mentionné j’avale aussi celui de Tariq Ali (The clash of fundamentalisms) absolument passionnant, dans lequel il brosse un panorama de tous les sièges de conflits et de leurs causes. Cette guerre contre le « terrorisme » est menée en dépit du bon sens, mais puisque le dieu de Bush le veut … Je fais deux séjours ici, d’abord avec Maïté,
Pendant ce temps, à Damas, c’est le drame, car une fuite d’eau chez moi s’est méchamment infiltrée chez ma voisine du dessous ; heureusement, j’ai laissé mes clefs chez mes adorables voisines et elles se chargent de tout, refusant que je rentre pour faire face à la crise. A ma rentrée, je me rends chez la victime en lui demandant le montant de la facture ; elle me dit : plus tard, et débarquera un jour chez moi, alors que je suis en pleine sieste après un bain aux sources chaudes de Chbab. Je lui dis que je dormais, mais elle reste devant la porte, et comme je culpabilise drôlement à son endroit, je lui propose d’entrer ; en rentrant du bain, nous n’avons pas pris le temps de ranger car Maïté et moi étions sur les genoux et je suis donc très gênée de la recevoir dans une maison en désordre. Je me rends compte que l’appartement doit toujours être prêt pour une visite. Mon embarras croît quand elle appelle son fils et qu’il vient à son tour me parler de la fuite. Il refuse tout paiement et m’enverra un plombier (payant cette fois, mais si peu) pour réparer le reste des robinets qui coulent. Il se plaint des noubas quotidiennes de la partie rentable (des salles de fêtes) de l’orphelinat d’à côté où les cortèges nuptiaux débarquent vers minuit en klaxonnant et accompagnés de tambours et de fifres. Moi, je ne les entends plus et je continue à dormir, mais cette liesse incommode beaucoup le voisinage.
Mais revenons à Badroussiya ; après avoir terminé mes formalités d’inscription à l’Université, j’y remonte tout de suite, cette fois-ci avec Hanan qui déserte sa pharmacie, son mari et ses enfants pendant une semaine.
Elle aussi est sous le charme ; il y a non seulement la mer et la montagne, mais en outre les gens que l’on y rencontre, comme ces beautés, que je connais séparément et qui, je ne le saurai qu’à Damas, sont sœurs.
… et Yasser, le maître du lieu, tout un roman à lui seul.
De petits bateaux d’excursion croisent au large toutes sonos dehors, coiffés de fanions; ils donnent une allure de vacances de Monsieur Hulot à l’endroit.
A part une fête impromptue (qui peut très bien démarrer à une heure du matin) (je vous l’ai déjà dit, les Syriens sont des anarchistes
Hanan rentre à Damas non sans avoir essuyé une averse dans la hutte qui ne sert qu’en été et que l’on couvre en hiver d’une grande tente imperméable. Ce sont les premières pluies de la saison. Après son départ, je tiens encore trois nuits malgré le vent et un orage qui semble vouloir emporter mon habitacle, puis je descends vers un niveau plus raisonnable et confortable et j’emménage dans un « chalet » d’où je continue à contempler de flamboyants couchers de soleil.
Je suis revenue pour l’Aïd el Fitr qui marque la fin du Ramadan et j’ai joui d’une solitude totale ; si l’expérience tente les candidats ermites il leur suffit de réserver au 041429623. Voici une photo de chalet et je clos avec la mer.
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